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Spotlight Retail - Septembre 2020

Le 11 mai 2020, le gouvernement français engageait la sortie du confinement mis en place pour lutter contre la propagation du Covid-19. Progressivement et sous conditions, la plupart des commerces qui avaient dû baisser leur rideau ont pu reprendre leur activité. Douze semaines plus tard (à fin juillet 2020), quel bilan pour les acteurs du commerce en France, qu’il s’agisse des consommateurs, des enseignes ou des bailleurs ?

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Consommateurs : je dépense, donc je suis

L’économie française a continué de se redresser au mois de juin. La reprise est même supérieure à celle qui était anticipée récemment. L’activité reste toutefois nettement en dessous de son niveau normal. Dans l’hypothèse d’une circulation continue mais maîtrisée du Covid-19 dans les mois à venir (hypothèse qui reste privilégiée en dépit de la hausse des contaminations pendant l’été), permettant une adaptation progressive, la Banque de France prévoit une contraction du PIB français limitée à 10% pour l’ensemble de l’année 2020. 

L’économie française apparaît comme une des plus touchées dans le monde par la crise sanitaire actuelle. Elle devrait par contre être en mesure de rebondir vivement en 2021. Dans ses dernières prévisions, la Banque de France anticipe une croissance de près de 7% en 2021, celle-ci restant ensuite à presque 4% en 2022. Ce serait plus que pour la plupart de ses voisins et que la moyenne de la zone euro.

Ce rebond, qui n’en est qu’à son frémissement, n’empêchera pas de lourdes répercussions sur l’emploi. Un peu plus de 4,42 millions de personnes étaient sans contrat de travail au mois de mai en France. Jamais avant le confinement la barre des 4 millions de personnes n’avait été franchie. L’OCDE anticipe une remontée importante du taux de chômage, qui passerait de 7,8% au premier trimestre à 11,3% à la mi-2020. En l’absence de seconde vague épidémique, il engagerait ensuite une décrue significative à partir de la fin 2020.

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Si l’hypothèse d’une amélioration rapide de la situation de l’emploi se confirme, la consommation des ménages ne devrait pas trop souffrir. La hausse du moral des consommateurs, qui a regagné 4 points en juin pour se rapprocher de sa moyenne de long terme, pourrait se poursuivre et faciliter la mobilisation de l’épargne accumulée par les ménages pendant le confinement (épargne estimée à 75 milliards d’euros). D’ores et déjà, le niveau de consommation des Français se rapproche de la normale : l’Insee vient d’annoncer que les dépenses engagées par les Français au mois de juin ont dépassé celles enregistrées en février, avant la crise.

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Le confinement a très clairement boosté le e-commerce, notamment sur l’alimentaire. Les livraisons de repas par les plates-formes telles qu’Uber Eats ou Deliveroo, concentrées en milieu urbain, sont restées stables alors que de très nombreux citadins avaient quitté les grandes métropoles pendant cette période. L’évolution a été encore plus nette sur les produits non cuisinés. Les Français, enfermés chez eux, se sont remis à la cuisine tout en ayant recours à l’approvisionnement dématérialisé. Sur les produits non alimentaires, les ventes en lignes ont également explosé, au prix parfois d’un allongement des délais de livraison.

Il semble que le déconfinement n’a pas détourné les consommateurs du e-commerce. Il est encore trop tôt pour faire le bilan mais la progression annuelle des ventes en ligne seraient particulièrement forte pour les services, l’informatique, les articles de sport, les fournitures de bureaux, l’équipement automobile, les divertissements et les jouets. Le e-commerce, qui représentait 9,8% des ventes de détail (2% dans l’alimentaire hors drive) en France en 2019, devrait ainsi franchir la barre symbolique des 10% en 2020.

 

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