Immobilier commercial : REVIVAL
C’est tout le petit monde du commerce qui se trouve à un tournant. C’est vrai des retailers confrontés à de nouvelles attitudes et aspirations de leurs clients, comme en témoignent les tendances observées au niveau de la consommation. C’est vrai aussi des investisseurs et propriétaires de murs commerciaux qui s’inscrivent dans un marché encore marqué par les doutes sur le devenir de certains ensembles immobiliers. L’environnement bouge vite et fort pour ces acteurs. Chacun sait qu’il faudra s’adapter. Certains ont anticipé le mouvement, d’autres se lancent, beaucoup réfléchissent. Les moyens et l’intensité des corrections à mettre en œuvre ne sont pas établis dans les tables de la loi. Toutefois, par-delà les hésitations, des tendances claires se dessinent.
Consommation : Nouveau paradigme consumériste
S’agit-il d’une tendance de fond, marquant une rupture tant économique que sociétale ? Le phénomène, dont témoignent les chiffres du premier semestre 2019, est en tout cas nouveau et marquant : les français achètent moins de biens. Les volumes de ventes de produits de grande consommation sont ainsi en baisse de 1% au cours des six premiers mois de l’année, amplifiant celle observée pour l’ensemble de l’année 2018 (-0,8%). Que la tendance se confirme au cours des prochains trimestres et l’on pourra peut-être dire que c’est aujourd’hui que la « société de déconsommation » a pris corps.
Attention, on parle bien là de volumes de ventes de produits et pas de montants de dépenses réalisées par les consommateurs. Car la baisse observée ne se répercute ni sur le chiffre d’affaires des distributeurs, ni sur la fréquentation des équipements commerciaux. Unibail-Rodamco-Westfield (URW) ou Klepierre annoncent par exemple des chiffres flatteurs.
Les Français achètent moins mais ils achètent plus cher. D’abord parce qu’on observe un retour de l’inflation, notamment dans les rayons alimentaires avec la mise en place de la loi EGAlim. Ensuite parce que la consommation tend à monter en gamme. Les Français s’orientent ainsi vers des produits jugés plus fiables, de meilleure qualité, plus respectueux de l’environnement et de l’humain et donc, plus chers. La « déconsommation » serait ainsi portée par une « premiumisation ».
La tendance a des chances d’être profonde dans la mesure où elle ne semble pas subie. Elle s’accélère en effet alors que le pouvoir d’achat des ménages est à la hausse, que leur moral progresse fortement et que le nombre d’actifs (donc de consommateurs potentiels dotés d’un revenu) s’accroît. Elle traduit donc un changement des désirs et des aspirations des consommateurs plus qu’une contrainte financière.
C’est un nouveau paradigme qui se dessine. Un paradigme qui oblige et qui contraint les enseignes. Mais un paradigme qui leur ouvre aussi tout un nouveau champ des possibles…
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